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Ce blog se propose de faire découvrir quelques films (principalement muets)
moins connus de l'âge d'or du cinéma, à ce jour plus de 850 films ...
Premier message le 09.06.2010 :
Lazybones


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mercredi 15 novembre 2017

The Garden of Eden - Lewis Milestone - 1928

 

Toni Lebrun quitte subrepticement Vienne et sa famille car elle en a assez de faire et vendre des Bretzels après qu'elle ait obtenu un diplôme de chanteuse à l'opéra de la ville. Elle veut maintenant vivre sa vie.

Dans le train qui la mène à Budapest où un contrat l'attend au Palais de Paris, elle sourit à sa future carrière en s'endormant dans le train.

A Budapest elle se rend au cabaret qui n'a rien de glorieux. Rentrée par la petite porte elle fait la connaissance de la patronne Madame Bauer qui cherche à présenter des filles susceptibles de plaire à une clientèle masculine huppée.
Toni refuse de porter le costume olé olé prévu pour son entrée. Madame Bauer, fine mouche, lui confie le costume de la puritaine. Ainsi vêtue Toni chante sur scène sans se douter que le succès vient uniquement de la lumière que l'éclairagiste pointe sur sa personne, dévoilant ainsi son anatomie sous les voilages qui ne cachent plus rien. 
Toni est furieuse mais se retrouve bien triste lorsque son amie Rosa, la couturière, lui apprend qu'elle est sur le point de partir en vacances. Rosa, touchée par le chagrin et l'innocence de Toni décide de l'emmener avec elle.

Toutes deux arrivent en train à Monte Carlo et se font mener à l'Hôtel Eden où Rosa se présente sous le nom de Baronne Rosa de Garcer. Horrifiée, Toni croit avoir affaire à une aventurière, mais il n'en est rien, Rosa est veuve d'un comte et touche une pension qui lui permet de mener la grande vie quelques semaines par année. Le reste du temps, elle travaille 50 semaines par années en tant que couturière pour échapper à ses amis. Toni est présentée comme la fille qu'elle aurait toujours voulue avoir, Antoinette.

Bien vite Antoinette se fait remarquer par Richard Dupont, un jeune homme qui loge dans la chambre d'en face et qui aimerait bien venir faire sa cour. De son côté Rosa retrouve un vieil ami, le Colonel Dupont ...


Charmante comédie qui flirte avec la légèreté. Corinne Griffith, en beauté, fait tourner les têtes et Charles Ray est loin de ses rôles de campagnards mal dégrossis habituels.
Lewis Milestone peaufine la réalisation, les images sont parfaitement maitrisées grâce à John Arnold (qui a été acclamé lors du tournage de The Big Parade) et de William Cameron Menzies (directeur artistique) ... on se laisse entrainer à Monte Carlo à l’hôtel Eden ces années là, il n'y a pas si longtemps ...


Une séquence de rêve tournée en technicolor deux bandes n'a pas été retrouvée à ce jour.

Histoire basée sur une pièce de Rudolph Bernauer et Rudolph Österreicher, on trouve un très beau DVD chez Flicker Alley, musique de Robert Israel.




78 minutes

Corinne Griffith ...
Toni Lebrun
Louise Dresser ...
Rosa
Lowell Sherman ...
Henri D'Avril
Maude George ...
Madame Bauer
Charles Ray ...
Richard Dupont
Edward Martindel ...
Col. Dupont

mercredi 8 novembre 2017

Little Orphant Annie - Colin Campbell - 1918

 

Entouré d'enfants, le poète James Whitcomb Riley raconte l'histoire de la petite orpheline Annie. Très tôt elle perdit sa maman et fut confiée à l'orphelinat où la bonne directrice prend soin des enfants comme une vraie mère aimante tandis qu'Annie raconte aux enfants ravis des histoires de lutins et d'elfes qui parlent toujours de bien se comporter.
Mais un jour l'oncle d'Annie se présente et récupère la petite fille. Lui et sa femme mène la vie dure à Annie, à tel point que le voisin, Dave Johnson devenu le héros d'Annie, fait placer la petite fille dans une famille nombreuse où elle est traitée comme l'un des enfant de la famille.
Plus tard Dave part à la guerre, lorsqu'Annie apprend qu'il ne reviendra pas, c'est le drame ... mais la vie n'est-elle pas une illusion ?



Petite adaptation du poème composé par James Whitcomb Riley que l'on peut voir au cours de l'action. C'est gentil et cela donne l'occasion de voir le poète en personne ainsi que Colleen Moore encore toute jeune et dont c'est l'un des premiers rôles en tête d'affiche, et aussi Tom Santschi qui restera toujours un grand du cinéma.

Le film est bien démodé mais pas dénué de charme si l'on aime les histoires naïves de cette époque. Les images sont joliment montées et la fin est un peu abrupte.

A noter la faute d'orthographe du titre !

Plusieurs films qui seront tournés par la suite portent ce titre (sans t à Orphan) mais semblent basés sur une bande dessinée.

On trouve le film chez Grapevine Video


Quelques photos et informations supplémentaires : Movie Silently



57 minutes

Colleen Moore ...
Annie
Tom Santschi ...
Dave Johnson
Harry Lonsdale ...
Annie's Uncle
Eugenie Besserer ...
Mrs. Goode


mercredi 1 novembre 2017

Risky Business - Alan Hale - 1926


Cecily Stoughton  est la fille unique d'une veuve qui a de grands projets pour sa fille et qui verrait d'un bon oeil qu'elle épouse Richard Coults-Browne, un excellent futur gendre à ses yeux.

Poussée par sa mère, Cecily se rend chez Richard qu'elle surprend devant un miroir en train de se pomponner. Lorsqu'il découvre la jeune fille derrière lui, celle-ci fait mine d'avoir attrapé la grippe ce qui fait fuir l'infatué jeune homme.
Cecily se rend alors chez l'homme qu'elle aime, Ted Pyncheon, un médecin de campagne qui se rend en ville régulièrement pour ses recherches. Ted pense qu'il mène une vie qui ne conviendra pas à la belle, mais celle-ci le convainc sans difficulté du contraire en l'embrassant.
A la maison, Cecily présente Ted comme son fiancé à sa mère et à son oncle, un célibataire endurci. Madame Stoughton n'apprécie pas du tout le jeune homme et le fait savoir en le recevant très froidement. Pour convaincre sa fille de son erreur elle manigance dans son dos avec l'aide de Coults-Browne qui n'a pas digéré d'être laissé pour compte. Tous deux font en sorte que Cecily et sa mère soient les invitées de la soeur de Ted à la campagne.
A leur arrivée sur le quai de gare, pas de Ted en vue. Coults-Browne par contre fait mine d'arriver par hasard et offre à ces dames un transport juste avant l'arrivée de la soeur de Ted, Agnes, une brave mère de famille venue à bord d'un vieux tacot en compagnie de sa fille ainée, Sally.
Les Stoughton prennent alors congé de Coults Browne et se rendent chez les Wheaton où elles sont menées par la grosse bonne suédoise Helga, une femme qui ne connait pas sa force et qui détruit tout sur son passage.



Ted est bien occupé avec ses patients, du coup Cecily essaie de se rendre utile mais cela est bien frustrant, entre les enfants qui demandent tout le temps de l'attention ou la bonne qui croit avoir attrapé une pneumonie grâce aux insinuations sournoises de la mère de Cecily qui a bien l'intention de montrer le pire à sa fille pour la faire changer d'avis.
Après une nuit blanche particulièrement chargée, Cecily est au bord de la crise de nerfs et aurait souhaité voir Ted qui passe son temps à secourir des patients. Après deux jours, la jeune femme découvre Ted étendu sur le canapé après une tournée particulièrement épuisante. Elle finit par lui rendre sa bague de fiançailles.
Ethel Clayton

Juste avant de quitter la maison, Cecily prend congé d'Agnes et des enfants. Sa mère a réussi à contacter Coults-Browne qui offre alors d'emmener la jeune femme passer un vrai weekend dans sa maison de campagne qui se trouve non loin.
En chemin il se montre très entreprenant dans la voiture et renverse un petit garçon qui traversait la route. Coults-Browne ne s'arrête même pas, à la grande horreur de Cecily qui ne sait pas encore qu'elle va passer une abominable soirée en présence des amis de Richard, des oisifs assez portés sur la bouteille et dont les moeurs sont plutôt douteuses ...

M. et Mme Wheaton
 Excellente satyre sur le mariage, l'amour, la vie de famille, et l'oisiveté des riches ... On ne s'ennuie pas une seconde à suivre les péripéties de la pauvre Cecily confrontée à une vie pleine de surprises chez les Wheaton. Les caricatures sont très  parlantes et les situations très amusantes ! Cecily finira par comprendre la vie et nous nous confortons dans la nôtre !

Les acteurs sont très convaincants, Vera Reynolds, Kenneth Thomson et aussi bien sûr la fantastique Zasu Pitts.




90 minutes

Vera Reynolds ...
Cecily Stoughton
Ethel Clayton ...
Mrs. Stoughton
Kenneth Thomson ...
Ted Pyncheon M.D.
Ward Crane ...
Richard Coults-Browne
Louis Natheaux ...
Lawrence Wheaton
Zasu Pitts ...
Agnes Wheaton
Dorothy Brock ...
Sally - the Cream of the Wheatons
George Irving ...
Schubal Peabody
Louise Cabo ...
Hefty Helga - the Maid


mercredi 25 octobre 2017

Daring Deeds - Duke Worne - 1927


Le patron des entreprises Gordon aéronautique craint l'arrivée sur le marché d'un nouvel appareil construit par un concurrent inventif, Courtney. Le vieux Gordon aurait souhaité que son fils William prenne la relève mais celui-ci ne pense qu'à voler. Du coup il décide de le virer pour son bien, mais avant que son fils ne le quitte il lui remet une enveloppe qu'il lui fait promettre de n'ouvrir que si il se trouve dans une situation désespérée.

Billy Sullivan dans Speedy Smith, tourné la même année
William laisse son père avec son très ambitieux jeune assistant, Walter Sarles. Le mécano Smudges est désolé de voir le fils quitter la maison familiale et William l'emmène avec lui en avion. Tous deux volent jusqu'à plus d'essence.

Le père Courtney, pendant ce temps, reçoit un jeune investisseur non moins ambitieux, Rance Sheldon, un jeune homme davantage intéressé par la fille Helen que dans les projets.du père.
Il se trouve que l'avion de William tombe en panne sèche juste au-dessus du terrain d'avion des Courtney. Apercevant un hangar les deux hommes s'en rapprochent, pensant y trouver du carburant. Or justement de mystérieux voleurs sont en train de dérober les plans du nouvel avion conçu par Courtney. Les hommes se battent, attirant ainsi les Courtney.
Helen tombe bien vite sous le charme de William qui se présente sous le nom de William Smith. Jaloux, Rance Sheldon change alors sa stratégie : si le vieux Courtney veut qu'il investisse, il faut qu'Helen l'épouse. Contre l'avis de son père Helen accepte. William s'en va alors, mais désespéré, ouvre l'enveloppe de son père dans laquelle il trouve un gros billet et une note indiquant que dans la vie il faut deux choses pour réussir, travailler très dur et du cash.
William court offrir ses services à Courtney tandis qu'Helen annule son engagement. 
Les voleurs passent alors à la vitesse supérieure : Rance et Walter Sarles s'associent pour dérober les plans ...

Earl Metcalfe
 
Molly Malone


Sympathique film qui plaira aux amateurs d'avions. L'histoire est très conventionnelle mais permet de découvrir Billy Sullivan qui était la star de pas mal de westerns d'une durée de 2 bobines durant les années 20. Malheureusement la plupart sont considérés comme perdus à l'heure actuelle.

Earl Metcalfe décédera peu de temps après ce film et Robert Walker qui a déjà une immense carrière derrière lui continuera sur sa lancée jusqu'à sa mort, en 1954, en tournant principalement dans des westerns. 






60 minutes


Billy Sullivan ...
William Gordon Jr
Molly Malone ...
Helen Courtney
Earl Metcalfe ...
Rance Sheldon
Thomas G. Lingham ...
William Gordon Sr (as Thomas Lingham)
Robert Walker ...
Walter Sarles
Lafe McKee ...
John Courtney
Milburn Morante ...
'Smudge' Rafferty
Robert Littlefield ...
Mysterious Stranger

Robert Walker

mercredi 18 octobre 2017

The Captive - Cecil B. DeMille - 1915

 

Au Montenegro durant les guerres balkaniques, un paysan, Milos, abandonne sa soeur Sonya et son petit frère Marko pour s'engager dans l'armée, laissant sa soeur et son frère gérer la ferme familiale.

Pendant ce temps en Turquie un Bey, Muhamud Hassan, prend du bon temps avec ses amis avant de rejoindre son bataillon sur le champs de bataille. 

Plus tard au front, les deux hommes s'affrontent sur le terrain. Milos lance ses hommes sur l'agresseur tandis qu'il rend son dernier souffle. Les agresseurs dont Muhamud fait partie sont faits
prisonniers.
Sonya apprend la mort de son frère et annonce la triste nouvelle à Marko.

Pour palier au manque d'hommes, les prisonniers de guerre sont envoyés travailler la terre de leurs ennemis.

Le hasard tombe sur le chef de clan de Karvan, Mohamud. Il est choisi pour travailler chez Sonya qui ne lui fait pas confiance. A la cuisine il doit se débrouiller tout seul et, pas très motivé par les corvées, il finit par devoir réellement
travailler, chose dont visiblement il n'avait pas l'habitude.
La nuit Sonya l'enferme à l'aide d'un énorme cadenas mais le lendemain matin Marko l'a délivré, et Sonya retrouve son petit frère et le prisonnier préparant le feu en compagnie du chevreau de Marko.
Porteur de l'ordre d'Osmanieh le  Bey doit ensuite faire le pain mais comme il est maladroit il fait tomber une miche. Pour cela Sonya le menace du fouet et le prive de petit déjeuner. Bien sûr Marko lui apporte de quoi se sustenter, après quoi Muhamud doit labourer le champs mais les boeufs s'emballent et il est trainé derrière la charrue ...
Après s'être un peu ridiculisé à la rivière dans le rôle d'une lavandière attirant tous les regards, Muhamud s'essaie à la culture des choux. Comme une voisine vient essayer de le séduire, Sonya est jalouse et frappe son prisonnier. Plus tard pour se faire pardonner, elle recoud sa veste ...

Mais les Turcs finissent par arriver au petit village d'Ostrog qu'ils n'ont pas de peine à envahir. Les soldats demandent ou se trouvent les prisonniers turcs et devant le refus de parler du maire, ils s’enivrent. Un petit groupe des soldats avinés arrivent alors à la ferme de Sonya et commence à tout saccager et s'en prennent au chevreau de Marko qui se précipite pour le sauver, suivi par Sonya.
Muhamud arrive juste à temps et montre sa médaille. Aussitôt les soldats se calment mais leur supérieur s'en prend à Sonya. Du coup Muhamud se sert de ses poings contre l'affreux bonhomme pour protéger Sonya et les soldats qui viennent de mettre le feu à l'étable tirent sur la maison.
Heureusement les Monténégrins reprennent le village d'Ostrog  ...



Un film un peu nunuche mais pas totalement inintéressant. On hésite, est-ce un film comique ? La fin surprend par un côté un peu sombre après un ou deux revirements auxquels on ne s'attend pas vraiment.
Le film ne restera peut-être pas comme un grand moment du cinéma mais on passe toutefois un très bon moment. Il est bien agréable de voir un film aussi bien conservé, les images sont nettes. Par contre, la pauvre chèvre a du bien souffrir durant le tournage.

Dans le rôle du petit Marko, Imdb annonce Page Peters. Or si l'on suit le lien Page Peters devrait avoir 25 ans en 1915. En aucun cas ce petit garçon ne peut avoir cet âge !



50 minutes

Blanche Sweet ...
Sonya Martinovich
House Peters ...
Muhamud Hassan
Gerald Ward ...
Milos Martinovich
Page Peters ...
Marko Martinovitch
Jeanie Macpherson ...
Milka
Theodore Roberts ...
The Burgomaster
William Elmer ...
Turkish Officer (as Billy Elmer)


mercredi 11 octobre 2017

Monte Cristo - Emmett J. Flynn - 1922

 

En 1815 Sous le règne de Louis XVIII. Sur le Pharaon qui s'en revient au port de Marseille, le Capitaine, sur son lit de mort fait venir son second Edmond Dantes pour lui remettre une lettre à remettre à Napoléon en exile sur l’île d'Elbe. Edmond qui n'a rien d'un conspirateur exauce le souhait du vieil homme puis débarque à Marseille où l'attendent sa fiancée Mercedes et son vieux père. L'armateur Morrell lui annonce qu'il va le nommer capitaine et Edmond demande alors à Mercedes de l'épouser.
Le jour de ses noces, Edmond est arrêté pour conspiration et présenté devant de Villefort, le procureur du roi qui voit dans la missive remise par Napoléon un danger pour son propre père. Il fait donc jeter Edmond dans une geôle du Château d'If où il pourrit durant quelques années jusqu'à sa rencontre avec un autre prisonnier, l'érudit abbé Faria qui se charge de cultiver le jeune homme ...



Aaah, le Comte de Monte Cristo ! Quel bonheur de retrouver cette histoire qui m'avait captivée dans ma jeunesse ! J'avais presque oublié à quel point ce roman était passionnant et j'ai eu un immense plaisir à visionner ce film.

Le scénario est assez fidèle au roman d'Alexandre Dumas, le spectateur ne peut qu'adhérer à l'action qui est palpitante du début à la fin.

Les scènes au château d'If sont particulièrement remarquables. La rencontre de l'abbé Faria et d'Edmond m'a tiré des larmes tant la solitude des deux hommes était palpable. Le réalisateur film la scène avec une grande finesse, les mains, les regards, tout est émouvant. Magnifique Spottiswoode Aitken !

L'affiche est particulièrement alléchante, Renée Adoree dont c'est l'un des tout premiers films fait une apparition très remarquée. En 1922 John Gilbert était déjà un acteur très accompli. Ici il n'a aucune peine de passer à de l'innocence à la vengeance, comme on peut le voir dans la scène où de Villefort le reconnait en superposant les deux visages, l'un jeune et plein d'espoir et l'autre dur et désabusé.

L'histoire est intéressante à plus d'un titre. En l’occurrence Edmond est vengé par la providence, jamais il n'a besoin de lever la main pour que la justice s'abatte sur l'un de ses adversaires. Mais la justice ne peut s'accomplir que parce que les adversaires ont une conscience qui les taraude.

C'est le genre d'histoire qui a bercé ma jeunesse et qui m'a fait croire à la justice divine. Malheureusement depuis le temps j'ai un peu déchanté. J'avoue toutefois qu'à la vue de ce film j'ai vu une réminiscence de ces années d'innocence qui permettaient de se construire sur des bases proches d'un idéal d'humanité.  Cela fait chaud au coeur.

Les décors et les costumes sont très soignés, donc vous n'avez aucune excuse pour ne pas voir ce film qui vous fera passer 100 minutes de pur bonheur !

Très jolie version chez Flicker Alley, piano Neal Kurz

100 minutes


John Gilbert ...
Edmond Dantes, Count of Monte Cristo
Estelle Taylor ...
Mercedes, Countess de Morcerf
Robert McKim ...
De Villefort
William V. Mong ...
Caderousse
Virginia Brown Faire ...
Prince Haidee
George Siegmann ...
Luigi Vampa
Spottiswoode Aitken ...
Abbé Faria
Ralph Cloninger ...
Fernand, Count de Morcert
Albert Prisco ...
Baron Danglars
Al W. Filson ...
Morrel (as Al Filson)
Harry Lonsdale ...
Dantes, Father of Edmond
Francis McDonald ...
Benedetto
Jack Cosgrave ...
Governor of Chateau d'If (as Jack Cosgrove)
Maude George ...
Baroness Danglars
Renée Adorée ...
Eugénie Danglars
George Campbell ...
Napoleon
Willard Koch ...
Tailor at Cheateau f'If
Howard Kendall ...
Surgeon
Gaston Glass ....  ...


mercredi 4 octobre 2017

Hypocrites - Lois Weber - 1915



 Le portail de la vérité s'ouvre ...

Dans une petite congrégation, un pasteur parle à ses fidèles. L'assistance semble s'ennuyer, le prêche porte sur l'hypocrisie selon Mathieu 23:28, seule deux femmes se montrent particulièrement en phase avec les paroles.

27 Malheur à vous, scribes et pharisiens hypocrites! parce que vous ressemblez à des sépulcres blanchis, qui paraissent beaux au dehors, et qui, au dedans, sont pleins d'ossements de morts et de toute espèce d'impuretés. 28 Vous de même, au dehors, vous paraissez justes aux hommes, mais, au dedans, vous êtes pleins d'hypocrisie et d'iniquité. 29 Malheur à vous, scribes et pharisiens hypocrites! parce que vous bâtissez les tombeaux des prophètes et ornez les sépulcres des justes,…

 A la sortie les paroissiens viennent saluer le prêcheur et s'en vont. L'un des fidèles lui sert la main en le félicitant pour ses paroles mais demande ensuite à ses amis de veiller à ce qu'il soit viré tout en précisant qu'il ne tient pas à voir figurer son nom sur la requête.

Le pasteur est désespéré et ses yeux tombent sur un journal dans lequel il lit
 ... car ni l’homme ni l’ange ne peuvent discerner l’hypocrisie : c’est le seul mal qui dans le ciel et sur la terre marche invisible, excepté à Dieu et par la permission de Dieu - Milton, Le Paradis perdu

Le ministre s'endort et se métamorphose alors en moine, il est suivi par les paroissiens. Lorsqu'il entame une longue montée par un sentier escarpé, la femme le suit, une autre prend son courage à deux mains et commence à grimper, d'autres tentent de les suivre mais renoncent, certains passent tout simplement leur chemin.
Au sommet la vue est grandiose, le moine se sent heureux mais se détourne lorsque la femme lui crie qu'elle a besoin de sa main.

 La vérité est toujours insaisissable : le ministre est venu à la recherche de la vérité qui se cache. Puisque les fidèles ne viennent pas à elle, il faut qu'elle descende les voir. La vérité toute nue (une femme nue en l’occurrence), se dérobe aux regards du prédicateur qui poursuit seul sa route et passe bientôt le portail du paradis.
En tant que Gabriel l'ascète, un moine au temps du Moyen-Âge, il travaille à représenter la vérité secrètement dans le jardin du monastère. Lorsqu'il juge que la vérité est parfaite, il convie ses frères à venir la découvrir. C'est la fête, du coup toute la communauté de la région, de l'habitant le plus simple jusqu'à la royauté, en passant par le clergé et les soeurs de la congrégation voisine, se réjouissent et accourent vers le monastère.

C'est l'abbé en personne qui daigne dévoiler la sculpture faite avec amour par Gabriel. Mais, Ô malheur, l'assistance est choquée par la nudité de la vérité. Seule une femme vivant en marge de la société, une soeur et une enfant contemple réellement la statue car tous les autres personnes présentes se détournent. La statue est promptement voilée et la foule vindicative revient en brandissant des gourdins et des pierres.
 Le pauvre Gabriel est transpercé par une lance et frappé par la foule en colère tandis que la bonne soeur et la femme prient pour lui.
Alors la vérité disparait sous les yeux de la populasse effarée, Deux femmes désormais endeuillées veillent sur la dépouille de Gabriel.
De retour en 1915, la vérité tient son miroir face à la politique qui ment sans vergogne, à la société qui l'accepte pour autant qu'elle soit drapée de ses idées, à l'amour qui est aveugle et volage. 
La paille dans l'oeil : la modestie, la pudeur, le foyer, la famille ou même la presse ne sont pas épargnées.


Les fidèles sont incarnés par les mêmes acteurs que ce soit au Moyen-âge ou en 1915. Ainsi reconnait-on les réactions des protagonistes qui restent assez similaires au fil du temps. Les hommes de pouvoir ont le même visage, de même les innocents, les incrédules, les moqueurs, les indifférents qui composent la foule. 

A la recherche de la vérité suivrons-nous le sentier qui monte ou bien passerons nous notre chemin ? Lequel choisirons-nous, le large ou le chemin étroit ? ... Un film touchant par son innocence et par sa recherche de symboles. Intemporel, ce film traite de l'hypocrisie, une chose qui nous concerne tous forcément.

Les pèlerins se retrouvent bien seuls sur la route, est-ce à dire qu'il appartient à chacun de parcourir le chemin et qu'il ne faut compter sur rien ni personne ?

Un parcours qui sort de l'ordinaire :
Lois Weber, pionnière réalisatrice

Editions Kino, John Mirsalis au piano.

Le blog de I Thank you Arthur qui apporte beaucoup d'informations sur ce film

Courtenay Foote ...
Gabriel - the Ascetic (as Mr. Courtenay Foote)
Myrtle Stedman ...
The Woman (as Miss Myrtle Stedman)
Herbert Standing ...
The Abbot (as Mr. Herbert Standing)
Adele Farrington ...
The Queen (as Miss Adele Farrington)


mercredi 27 septembre 2017

Dr. X - Robert Dinesen - 1915


Gunnar Tolnæs


Dans une faculté de médecine, deux jeunes docteurs se font concurrence pour découvrir un sérum pour lutter contre le cancer. L'un d'eux, Malvolio, a davantage de succès avec les femmes que de succès scientifiques, l'autre, Kamper, est considéré comme un génie et ses recherches sont suivies de près par le monde scientifique et la presse.
Malvolio est jaloux du succès de Kamper mais celui-ci envie son collègue car il lui semble heureux et bon vivant. Ainsi Kamper va trouver Malvolio qui élabore une stratégie sans faille pour annihiler les progrès du pauvre garçon.
Depuis sa fenêtre il lui montre Margaret, une jeune femme venue se baigner avec un étudiant en médecine, Seidel, qui monte la garde tandis qu'elle barbote dans l'eau, vêtue des pieds à la tête. Son frère qui la chaperonne, le Lieutenant Vincent, vient retrouver les deux jeunes gens.
Malvosio fait croire à Kamper qu'il peut obtenir la jeune femme facilement et celui-ci suit ses conseils. Pour commencer le diabolique Malvosio emmène son nouvel ami chez le barbier. Après une restauration de façade, il l'accompagne au casino où il lui conseille de jouer noir et impair, car tout le monde sait que c'est la combinaison gagnante. En effet Kamper gagne et fait sauter la banque.
Plus tard, à une soirée dansante, Malvosio aide Kamper à rencontrer Margaret qui se montre tout d'abord réticente face ce jeune homme trop entreprenant. Pour l'aider à se retrouver seul avec la pauvre fille, Malvosio détourne Vincent et Seidel.
Puis Kamper fait envoyer un bijou à Margaret et enfin Malvosio occupe la tante de Margaret afin que Kamper puisse à nouveau se retrouver seul avec sa proie qui ne tarde pas à tomber dans le piège de l'amour, d'autant plus facilement que son frère Vincent a été muté dans une autre garnison et que le champs est libre.

Dès lors Kamper fait sa cours assidument et bientôt la jeune femme se retrouve enceinte.  A sa lettre annonçant la nouvelle à l'homme qu'elle aime, un chèque lui revient en retour. La jeune femme est désespérée et son frère demande réparation. Malvosio apprend l'escrime à Kamper qui affronte en duel Vincent le lendemain. 
Vincent est mortellement touché, avant de mourir il a juste le temps de dire à sa soeur que seule sa vie pouvait réparer le déshonneur fait à leur famille  : "Quand tu as détruit notre honneur, Greta, tu m'as infligé une blessure bien pire que celle-ci, qui m'apporte la mort".
Le Dr Kamper se dénonce à la police et écope de 5 ans de prison bien vite mués à 5 mois pour cause de pardon.
Le Dr Malvosio reprend secrètement les recherches scientifiques de Kamper et continue à faire mener une vie de débauche à son pseudo ami. 
Tandis que Margaret dépérit à la clinique, Kamper sort et s'amuse. Mais un soir la triste réalité lui revient en tête comme un boomerang et il décide d'aller trouver Margaret à l’hôpital où on lui annonce le décès de la jeune femme, ainsi que celui du bébé ...

Carlo Wieth


Conclusion : Les génies peuvent être aussi cons que les autres !
Une histoire terrible qui semble être basée sur le mythe de Faust. En ce temps là on ne plaisantait pas avec la morale et l'honneur mais Méphistophélès rode toujours. L'histoire va dramatiquement finir, comme il se doit pour bien nous mettre en garde contre les agissements du diable. Comme dans le célèbre roman de Goethe, le Dr Kamper sera damné à la fin, ceci même si il a cherché sa rédemption en tentant de revenir auprès de l'innocente Margaret.

Je n'ai trouvé aucune photo de ce film pour illustrer ce poste.

Le film a été restauré en 1992 par Mark-Paul Meyer avec le soutien du Danske Film Museum à Copenhague.

aussi connu sous le titre Doktor X
USA The Folly of Sin
World-wide (English title) The Master Physician

55 minutes

  Gunnar Tolnæs                 Dr Malvosio
Carlo Wieth ...
Dr. Felix Kamper
Johanne Fritz-Petersen ...
Margaret
Henry Seemann ...
Vincent
Betzy Kofoed ...
Sara
Arne Weel ...
Seidel
Ellen Møller ...
Maid
 

Johanne Fritz-Petersen

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